
Né à Tourcoing, Olivier Spillebout est un éducateur sportif qui a commencé sa carrière dans la création et la gestion de clubs de sport à Lille. Il ouvre son premier club dans le quartier de Fives, rue Pierre Legrand en 1988, et s’implique à l’époque dans l’organisation de compétitions sportives et en tant que juge en culture physique au niveau international.

Dans les années 90, Olivier Spillebout travaille à Fives, il est voisin d’une vieille usine abandonnée, ancien Office Général du Papier. Le contexte de l’époque est celui du début de la reconquête urbaine, des réhabilitations d’anciens bâtiments et des reconversions économiques. Olivier Spillebout, s’imagine pouvoir faire revivre la vieille usine de papier en friche en la réhabilitant totalement lui-même pour en faire son habitation.
En 1996, le bâtiment est à l’abandon, rempli de ferraille, de mauvaises herbes et de bandes de papier, ouvert à tous vents. Le propriétaire, la Ville de Lille, n’a pas de projet. Olivier Spillebout obtient la mise à disposition du lieu et le débarrasse, y amène les fluides, le tout-à-l’égout, refait l’étanchéité et y réalise les aménagements nécessaires au fur et à mesure de ses possibilités, pour y emménager sa résidence et ses activités.

En parallèle, photographe amateur, il est un passionné d’image, et entre très jeune en photographie par la porte des cercles photographiques. Il gagne d’ailleurs en décembre 2000 le premier prix du célèbre concours amateur du magazine “PHOTO”.

Du muscle au premier prix de « PHOTO »
Olivier Spillebout a remporté le premier prix du concours international du magazine PHOTO. Une consécration pour cet artiste amateur. Premier prix au concours international du magazine « PHOTO », on comprend sa joie. D’autant plus que la sélection s’effectuait entre quelque 46 000 autres clichés venant de 63 pays pays différents !
Festival en vue !
Avide de contacts et d’échanges, il compte bien profiter de cette nouvelle reconnaissance pour étendre encore son réseau. Et ainsi faire en sorte que le festival qu’il met en place actuellement à Lille, baptisé « Les Transphotographiques », s’enrichisse d’avantage. L’ouverture est prévue à la date du 3 mai. Au programme, trois jours de rencontres, ateliers découvertes, conférences, bourse à l’occasion et concours. L’évènement se poursuivra pendant deux semaines encore, grâce aux expositions prévues dans un bon nombre de bâtiments publics lillois. Voix du Nord, décembre 2000
La Maison Photo
Souhaitant recentrer ses activités sur la Photographie, il transforme le bâtiment année après année en vue de lui redonner vie, et d’en faire un espace muséal dédié à la photo. C’est le début de la Société de Photographie “Atelier de la Photo” qui accueille ses stages et réunions dans le bâtiment encore partiellement rénové. Ensuite, en 2003, l’usine devient officiellement la Maison de la Photographie : cela fait aujourd’hui 20 ans que son action contribue au développement sur le territoire de la culture en général, et de la photographie en particulier, avec une stratégie ambitieuse : soutien à la création, à la production et à la diffusion des artistes, capacité d’accueillir le meilleur de la Photographie Internationale, et de promouvoir, au delà des frontières, la création régionale.
Les débuts de l’Atelier Photo
En parallèle, en 2000, conscient qu’un grand événement photographique est possible au nord de Paris, Olivier Spillebout, fortement inspiré par les Rencontres d’Arles, s’appuie sur son expérience de l’évènementiel pour concevoir et proposer aux collectivités et aux sponsors le projet des Transphotographiques : un festival généraliste de niveau international, rayonnant sur tout le Nord – Pas de Calais et débordant sur la Belgique, avec Lille comme point focal, cité située au carrefour de l’Europe, entre Paris, Bruxelles et Londres.
Le concept, inédit en France à l’échelle d’une région, séduit et convainc les partenaires et le public dès la première édition en 2001. Depuis, il en dirige chaque année la programmation, parfois en y associant des commissaires invités, et en adoptant une direction artistique originale tournée vers la jeune création photographique Européenne et vers les échanges avec Galeries et festivals internationaux. Un lien particulier se crée au fur et à mesure des éditions, avec certains pays, comme la Pologne, l’Italie ou les Etats-Unis, grâce à des rencontres artistiques fortes transformées depuis en amitiés photographiques.
Aujourd’hui manager d’une petite entreprise culturelle, la Maison de la Photographie, à laquelle s’adosse le Festival Transphotographiques, Olivier se concentre sur la qualité et l’impact artistique de ses projets : son œil de photographe le rend très attentif au choix des lieux d’exposition, qu’il aime spacieux et inattendus et à la scénographie. En amont, il est tout aussi exigeant sur la programmation, qui forge l’identité de ses expositions, et se donne ce cahier des charges imposant : développer l’esprit démocratique de la culture, révéler de jeunes talents, célébrer les grands photographes, porter un regard sensible sur l’avant-garde contemporaine et promouvoir la scène photographique régionale.
Son enthousiasme, son énergie et sa ténacité l’aident à convaincre les plus grands (Ronis, Klein, Lindbergh, Lagerfeld, Roversi, Horvat, Yann Arthus Bertrand…) de l’accompagner dans l’aventure.
Selon Jean-Luc Monterosso, directeur de la Maison Européenne de la Photographie à Paris : « Olivier est un homme d’action essentiellement, qui va au bout de ses passions. C’est parce qu’il est fonceur que ses projets ont un tel retentissement. »
En 2018, alors que les pouvoirs publics initient à Lille un grand projet d’Institut pour la Photographie, Olivier se mobilise pour défendre la survie de sa structure et pour éclairer les décideurs sur les choix culturels régionaux et nationaux.