Olivier Spillebout a remporté le premier prix du concours international du magazine «Photo». Une consécration pour cet artiste amateur.

Olivier Spillebout n’en revient toujours pas. « L’an dernier, lors de ma première participation au concours, j’étais déjà tout heureux d’avoir l’un de mes clichés classé dans les 5 000 premiers. Imaginez mon bonheur cette année I » Premier prix au concours international du magazine « PHOTO », on comprend sa joie. D’autant plus que la sélection s’effectuait entre quelque 46 000 autres clichés venant de 63 pays différents ! C’est la plus belle des consécrations qui vient ainsi achever une année 2000 déjà ponctuée d’autres satisfactions. Comme celle d’avoir été choisi pour faire la couverture du magazine « Le Monde du muscle », en septembre. Pas devant l’objectif, derrière ! Le modèle étant Alan, portier du Network-Café et champion de France 2000 de body-building. Et un mois plus tard, une page entière était consacrée à Olivier Spillebout dans le magazine « Photographe amateur ». Sur le fameux cliché élu voici deux semaines, dans la catégorie « photos de charme », par le magazine parisien, les visages ne sont pas visibles. Aussi ne peut-on reconnaître Ener, le célèbre meneur de revue du Bonheur des dames, ni Carole Bourgois, danseuse et modèle amateur plus éloignée des feux de la rampe, mais toute heureuse de voir « sa » photo ainsi mise à l’honneur. « N’oublions pas que c’est un travail d’équipe », souligne Olivier Spillebout. Le nu est un de ses thèmes favoris, de même que les portraits ou les photos de mode. Sa passion pour la plastique des corps se révèle d’ailleurs dans une bonne partie de ses activités. Un monsieur muscle Educateur sportif dans un centre de culturisme, il a également un passé de juge officiel dans les compétitions internationales de bodybuilding, en 1992. Autant dire qu’il possède un oeil exercé, avec en supplément le talent nécessaire pour mettre en valeur les corps sur le papier photo. Reste que lorsque l’on est photographe amateur, le temps et l’argent sont comptés. Olivier Spillebout se donne les moyens de faire deux séances mensuelles, «Plus, c’est impossible. Au moins, j’ai ainsi le temps de réfléchir à ce que je vais construire dans mes séances. » A 32 ans, il a derrière lui une quinzaine d’années de pratique, en amateur toujours, dans des clubs de quartier ou des MJC. « Il y a eu des périodes plus ou moins prolifiques. Je m’y suis vraiment remis sérieusement voici un peu plus de deux ans. Dès que je me suis lancé sur l’Internet, en fait. C’est comme ça que j’ai pu développer mes con-tacts. J’avoue que ça m’intéresse plus d’envoyer mes photos à des passionnés de l’autre bout du monde plutôt que les exhiber à droite et à gauche dans mon entourage proche. » Outre ce regain de motivation, il avoue que l’arrivée du numérique, de scanners et des imprimantes cou-leurs cent fois plus performants, lui ont rendu le travail plus facile. Adieu le noir et blanc, vive la palette chromatique. Enfin, pas tout à fait. L’œuvre primée au concours, par une délicate manipulation numérique, parvient à associer les deux. « Le corps de Carole est rendu plus blanc que nature, ce qui donne un contraste particulier à la photo. » Le président de l’Atelier-photo, club lillois affilié à la fédération photographique de France, ne manque pas d’idées. Et tant pis s’il n’avait pas parié sur ce cliché précis, mais plutôt sur d’autres qu’il avait également inscrites au concours. Festival en vue ! Avide de contacts et d’échanges, il compte bien profiter de cette nouvelle re-connaissance pour étendre encore son réseau. Et ainsi faire en sorte que le festival photo qu’il met en place actuellement à Lille, baptisé « les Transphotographiques », s’enrichisse d’avantage. L’ouverture est prévue à la date du 3 mai. Au programme, trois jours de rencontres, ateliers découvertes, conférences, bourse à l’occasion et con-cours. L’événement se pour-suivra pendant deux semaines encore, grâce aux expositions prévues dans bon nombre de bâtiments publics lillois. Les photos s’afficheront aussi dans les lieux culturels, bars, commerces et restaurants de la ville.
article de Anne-Lise Teneul pour la Voix du Nord de janvier 2001








