Pour son futur musée sur l’histoire industrielle, l’agglo de Maubeuge s’est tournée vers une friche à Hautmont. De quoi enterrer le projet de requalification du Dispatching, dernier vestige du géant sidérurgique Usinor ?

Il se décrit volontiers comme «opiniâtre», Dominique Lanthier. Voilà des années que le président du Museam de Louvroil, sur l’histoire locale, se bat pour donner une seconde vie au Dispatching. Témoin de l’épopée industrielle de la Sambre, ce totem était autrefois un silo répartiteur de minerais du géant Usinor.
Depuis la fermeture de l’usine en 1977, il y en a eu des projets pour le reconvertir. Un restaurant, et le seul à avoir abouti, une discothèque, le Cercle. Porté par l’association, un musée sur l’industrie est, lui, en gestation depuis des années. Un projet dans la même veine que le musée de l’histoire industrielle qui se dessine du côté d’Hautmont.
«Trop cher»
«Oui, l’arrivée de ce musée compromet la requalification du Dispatching, consent Dominique Lanthier. Nous travaillons, en déposant des dossiers, sur son réaménagement extérieur qui coûterait environ 1,4 million d’euros.» Un voire deux containers où sera racontée l’histoire du bâtiment, à l’architecture si singulière, sont retapés pour rejoindre les abords du Dispatching.
En lien avec Museam depuis le début d’année, «nous réfléchissons actuellement à y faire émerger un beau projet, indique Olivier Spillebout, directeur de la Maison de la photo à Lille, qui avait également un projet à Hautmont. Ce lieu à tous les atouts pour devenir un centre d’art national et accueillir des expositions d’Intérêt national.»
Le maire Giuseppe Ascone avait été clair : jamais la ville de Louvroil ne mettrait «un euro» dans la requalification du Dispatching. «Trop cher», «trop compliqué», du côté de l’agglo de Maubeuge. Qui, elle, s’inquiète de la sécurité sur le site, prisé des explorateurs urbains. Dominique Lanthier, lui, voit en l’arrivée, des serres municipales près du silo, une pointe d’espoir. Comme une lente «reconquête» des lieux.





